Vous subissez une forte pression pour générer des économies réelles et vérifiables, des résultats que la Finance peut valider et sur lesquels le conseil d’administration peut s’appuyer.
Sur le marché volatil d’aujourd’hui, les directeurs financiers et les directeurs des Achats (Chief Procurement Officer, CPO) ont besoin de bien plus que d’actions ponctuelles, comme la négociation de contrats avantageux ou la renégociation des conditions avec les fournisseurs. Pour réussir, ils doivent adopter une stratégie d’économies unifiée à l’échelle de l’entreprise.
Cette stratégie doit permettre de rapprocher les Achats et les parties prenantes responsables des budgets, grâce à des définitions communes, une visibilité en temps réel et une prise de décision fondée sur les données.
Cet article présente un cadre structuré de gestion des économies qui permet d’aligner les équipes, de suivre les économies depuis leur identification jusqu’à leur concrétisation et de démontrer la valeur ajoutée des Achats. Vous découvrirez comment combiner le sourcing stratégique, la gestion de la relation fournisseur (Supplier Relationship Management, SRM) et l’analyse des données pour générer des économies à la fois tangibles et intangibles, afin d’optimiser le retour sur investissement et l’impact sur l’entreprise.
À retenir
- Des économies Achats durables reposent sur l’alignement. Lorsque les Achats et la Finance partagent une même définition des économies et de leur mesure, les résultats sont fiables, vérifiables et reconnus par tous.
- Une visibilité centralisée change la donne. Systèmes et tableaux de bord unifiés éliminent les silos, suivent les économies en temps réel et facilitent le reporting auprès de la direction.
- Chaque économie doit être traçable. En la reliant aux événements de sourcing, aux contrats, aux bons de commande et aux factures, les Achats peuvent valider leurs initiatives et démontrer concrètement leur impact sur l’entreprise.
Pourquoi la plupart des efforts de réduction des coûts Achats échouent
Les équipes Achats sont sous pression constante pour générer des économies. Pourtant, systèmes cloisonnés, données incohérentes et manque d’alignement avec la Finance et les responsables budgétaires freinent encore trop souvent leurs efforts. Sans processus clair pour suivre les économies ni définition commune de ce qu’elles représentent réellement, difficile de démontrer leur impact, et encore plus de les déployer à plus grande échelle.
De nombreuses entreprises misent encore sur des actions ponctuelles : négociations de dernière minute avec les fournisseurs ou initiatives de sourcing isolées. Elles peuvent générer des gains rapides, mais rarement des résultats durables. Et sans preuves tangibles, la direction dispose de peu d’éléments pour éclairer ses décisions stratégiques.
Le problème ? Un manque de structure. Données incomplètes, suivi manuel, absence de cadre commun : les équipes peinent à gérer et mesurer les économies de manière cohérente et crédible.
Pour changer la donne, les entreprises doivent adopter une approche stratégique, avec des objectifs clairs et des processus standardisés pour piloter les économies Achats.
Le sourcing stratégique est un pilier de cette approche. Il permet de relier les choix fournisseurs à des économies quantifiables, de mesurer les résultats par rapport à des références et de les connecter aux budgets et aux objectifs financiers.
La fragmentation des outils et les tactiques ponctuelles limitent la visibilité
Lorsque les données Achats sont dispersées entre feuilles de calcul, ERP et plateformes cloisonnées, c’est tout le processus qui en pâtit. Les équipes perdent du temps à reconstituer les rapports de dépenses, pour finalement se retrouver face à des chiffres contradictoires ou des informations incomplètes. Résultat : les initiatives ralentissent et personne ne dispose d’une vision globale fiable.
Dans ce contexte, difficile de garantir une piste d’audit fiable. Les responsabilités se diluent et la direction perd confiance dans les chiffres présentés. Cette fragmentation crée également des risques inutiles, notamment lorsque la Finance exige un reporting transparent et fiable.
Les solutions à court terme ne créent pas de valeur durable
Les négociations ponctuelles avec les fournisseurs et les réductions de coûts de dernière minute peuvent générer des gains rapides. Mais rarement des résultats durables, et elles ne font parfois que repousser les coûts.
Sans cadre structuré pour suivre les économies, de leur identification à leur concrétisation, difficile de relier les résultats à court terme aux objectifs stratégiques. La Finance ne voit alors qu’une succession de gains isolés, plutôt qu’une amélioration durable à l’échelle de l’entreprise.
Créer de la valeur sur le long terme exige de dépasser les approches réactives. Les Achats doivent adopter un modèle plus stratégique, fondé sur des données fiables, une collaboration transverse et une optimisation continue des processus.
De la réduction des coûts à une stratégie Achats créatrice de valeur
Plutôt que de multiplier les actions réactives, les entreprises ont tout intérêt à adopter une gestion des économies à l’échelle de l’organisation. L’objectif : planifier, suivre et concrétiser les économies de manière structurée.
Les initiatives de sourcing stratégique ne se limitent pas au coût unitaire. Elles prennent en compte le coût total de possession (Total Cost of Ownership, TCO), qui englobe aussi bien la maintenance et la qualité que les risques liés à la livraison et les performances à long terme. Une vision plus complète qui permet de prendre des décisions éclairées, au service des économies comme des priorités métier.
À mesure que l’organisation gagne en maturité, les stratégies réactives de réduction des coûts laissent place à une approche proactive, pilotée par les données. Le TCO devient alors un véritable levier pour générer des économies Achats durables.
Une plateforme Achats centralisée joue ici un rôle clé. Elle offre une visibilité sur les dépenses, la qualité et la consommation, tout en permettant de suivre les initiatives d’économies jusqu’à leur concrétisation et de relier les résultats aux budgets.
À terme, des fonctionnalités telles que l’analyse avancée et l’intelligence artificielle permettent d’aller encore plus loin dans la planification stratégique.
Voyons plus concrètement comment une plateforme centralisée peut vous aider.
Aligner les Achats et la Finance autour d’un langage commun
Pour mesurer efficacement les économies, les Achats et la Finance doivent d’abord parler le même langage. Cela passe par des définitions communes des principaux indicateurs : économies tangibles et intangibles, économies prévues et réalisées, évitement des coûts ou encore amélioration des flux de trésorerie.
Sans cet alignement, chacun travaille avec ses propres hypothèses. Résultat : doublons dans le reporting, chiffres incohérents et désaccords sur la valeur réellement générée.
Les Achats peuvent ainsi déclarer des économies que la Finance ne reconnaît pas. Une situation qui fragilise la confiance et complique l’adhésion aux futures initiatives.
Avec des indicateurs et une terminologie partagés, tout le monde avance dans la même direction et mesure la réussite selon les mêmes critères.
Mettre en place une gouvernance de bout en bout grâce à un système unique
Lorsque les équipes utilisent des outils disparates, les économies générées par les Achats peuvent facilement passer inaperçues. Cette fragmentation limite la visibilité et freine leur concrétisation.
Une plateforme Achats unique permet de tout centraliser, de l’identification des opportunités à l’exécution des contrats et au rapprochement des factures.
Résultat : une meilleure traçabilité, des responsabilités clairement définies et une vision complète des économies, de leur identification à leur concrétisation.
Construisez votre cadre de suivi des économies Achats en 4 étapes
Pour dépasser les réductions de coûts ponctuelles et créer de la valeur durable, les entreprises ont besoin d’un cadre structuré pour suivre leurs économies Achats.
Les organisations dotées de systèmes Achats matures (plateformes centralisées, logiciels de réduction des coûts, analyses avancées et structures de gouvernance) obtiennent généralement de meilleurs résultats en matière d’économies.
Des modèles tels que le modèle de maturité des Achats du Hackett Group et les cadres de transformation du sourcing de Deloitte soulignent l’importance de la stratégie, des systèmes et de la collaboration transverse.
Voici comment structurer votre programme d’économies en quatre étapes clés pour transformer les Achats.
Étape 1 : Établir des définitions et des catégories communes
Commencez par aligner les Achats et la Finance sur une même définition des « économies » :
- Définissez clairement les économies tangibles et intangibles, ainsi que l’évitement des coûts.
- Distinguez les initiatives pilotées par les Achats de celles menées par la Finance.
- Clarifiez la différence entre économies prévues, obtenues et effectivement réalisées.
- Standardisez ces définitions dans les formulaires et les modèles d’analyse de rentabilité.
- Intégrez les catégories et les différents types d’économies dans votre outil de suivi dès le départ.
Étape 2 : Centraliser le suivi grâce à un tableau de bord unifié
Donnez aux parties prenantes une visibilité complète sur les économies à chaque étape du processus :
- Utilisez un tableau de bord unique pour suivre les projets, les responsables, les catégories et leur statut.
- Intégrez les données clés : dépenses de référence, valeur prévisionnelle, calendrier et stade de réalisation.
- Attribuez un responsable à chaque initiative pour garantir un suivi clair.
- Connectez le tableau de bord aux systèmes de sourcing et de gestion des contrats.
- Surveillez les dépenses hors contrat et non autorisées susceptibles de réduire les économies.
- Organisez des revues régulières pour informer la direction et maintenir les initiatives sur la bonne voie.
Étape 3 : Relier les économies aux initiatives de sourcing et à leur exécution
Les économies doivent découler d’actions concrètes, et pas simplement rester consignées dans un tableur :
- Reliez-les à des événements précis, comme les appels d’offres, les renouvellements de contrats ou les changements de fournisseurs.
- Suivez les principales étapes du sourcing et les conditions commerciales, telles que les remises pour paiement anticipé ou les remises sur volume.
- Utilisez votre logiciel Achats pour relier les économies aux initiatives de sourcing, aux contrats, aux bons de commande et aux factures.
- Intégrez les données d’exécution au tableau de bord pour vérifier que les économies se concrétisent réellement.
- Reliez les économies aux revues de performance ou aux tableaux de bord des différentes unités opérationnelles.
Étape 4 : Prévoir et présenter les économies selon les exigences de la Finance
Renforcez la crédibilité des Achats en alignant le reporting des économies sur les attentes de la direction financière :
- Alignez la fréquence du reporting sur les cycles financiers trimestriels et annuels.
- Comparez les économies prévues aux économies réalisées et expliquez clairement les écarts.
- Identifiez les impacts budgétaires et les éventuels ajustements de calendrier.
- Utilisez des rapports dynamiques pour mettre en avant les gains stratégiques, au-delà des simples réductions de coûts ponctuelles.
- Encouragez les Achats et la Finance à partager la responsabilité de la validation et de la planification des économies.
Avec un cadre structuré, les Achats peuvent générer une valeur mesurable et durable tout en renforçant leur alignement avec la Finance. Cette maturité pose également les bases d’une amélioration continue des processus Achats.
Les différents types d’économies et comment les générer
Économies tangibles ou intangibles, réduction des coûts, amélioration des flux de trésorerie : chaque type d’économie a un impact différent sur les budgets et le reporting financier. Chacun nécessite donc une méthode adaptée pour être identifié, mesuré et validé.
Sans processus adaptés, difficile de démontrer leur impact ou d’assurer une bonne coordination entre les équipes.
Les économies tangibles, par exemple, peuvent découler d’initiatives de sourcing stratégique, avec une comparaison claire des prix avant et après. L’évitement des coûts peut, quant à lui, résulter d’une réduction des risques grâce au renouvellement anticipé d’un contrat ou à l’obtention de meilleures conditions de paiement. Ces deux leviers créent de la valeur, mais doivent être suivis et intégrés aux revues budgétaires de manière différente.
Pour concrétiser chaque type d’économie, les entreprises ont besoin de systèmes capables de connecter les données de sourcing, de contrats et de risques fournisseurs.
L’analyse des dépenses joue ici un rôle essentiel pour identifier et catégoriser les opportunités. Les outils de gestion des contrats et de gestion des risques fournisseurs permettent ensuite de s’assurer que les conditions négociées et les économies liées à la réduction des risques se traduisent par une valeur concrète pour l’entreprise.
La gestion des dépenses résiduelles peut également révéler des opportunités jusque-là inexploitées. Pour les saisir, les catégories d’économies doivent être clairement définies et reliées aux actions de sourcing et aux dépenses de référence.
Voici un aperçu des différents types d’économies.
Les économies tangibles reposent sur des références claires et des réductions validées
Les économies tangibles sont parmi les plus faciles à justifier en matière de réduction des coûts Achats à condition de disposer d’une référence claire.
Elles comprennent notamment les réductions de prix négociées, la rationalisation des références (SKU) et la consolidation des fournisseurs. Pour les valider, il faut comparer les bons de commande et les factures historiques aux dépenses actuelles.
Les économies intangibles comptent aussi, à condition de mesurer leur impact
Les économies intangibles, comme le temps gagné grâce à l’automatisation des tâches manuelles ou la réduction des frais juridiques grâce à de meilleurs contrats, sont souvent négligées car elles sont plus difficiles à quantifier.
Pourtant, lorsqu’elles se traduisent par des résultats concrets (réaffectation des ressources, cycles plus rapides ou réduction des ruptures d’approvisionnement) elles créent une réelle valeur pour l’entreprise.
La réduction des risques fournisseurs, par exemple, ne diminue pas immédiatement les coûts. Mais son impact sur la résilience et la conformité est bien réel.
L’évitement des coûts repose sur une approche proactive et des alertes en temps réel
L’évitement des coûts consiste à anticiper les futures hausses de prix ou les dépenses imprévues. Mais comment démontrer la valeur d’une dépense qui n’a jamais eu lieu ? Tout repose sur les données.
Les équipes Achats doivent adopter une approche proactive et s’appuyer sur des alertes en temps réel, déclenchées par exemple en cas d’écart de prix ou de dépassement d’un seuil de dépenses par catégorie. Elles peuvent ainsi intervenir dès que les coûts s’éloignent des prévisions, avant qu’ils n’affectent les budgets.
Les gains en fonds de roulement doivent être suivis dans le temps
L’allongement des délais de paiement, la réduction des stocks ou l’amélioration du délai moyen de paiement (Days Payable Outstanding, DPO) peuvent générer des gains mesurables en fonds de roulement. Mais leurs effets se concrétisent dans la durée et nécessitent une coordination étroite avec la Finance.
Suivre l’impact sur la trésorerie des délais de paiement, des remises pour paiement anticipé et des coûts de détention des stocks permet de s’assurer que ces gains se concrétisent pleinement et peuvent être reproduits.
Utiliser l’IA et l’analyse des données pour révéler des économies cachées
L’IA et l’analyse avancée permettent d’identifier des opportunités d’économies qui pourraient autrement passer inaperçues. La prévision de la demande et l’analyse comparative des prix peuvent détecter les risques de surcoût, tandis que l’analyse des dépenses résiduelles révèle les achats fragmentés qui pourraient être consolidés.
Grâce aux capacités d’analyse Achats d’Ivalua, vous bénéficiez d’une visibilité en temps réel sur l’évolution des prix, les performances fournisseurs et les tendances de dépenses. De quoi prendre des décisions plus éclairées dans toutes les catégories.
Gestion des dépenses résiduelles : un potentiel d’économies souvent inexploité
Les dépenses résiduelles représentent généralement 20 % des dépenses, mais 80 % des transactions. Souvent mal maîtrisées, elles peuvent entraîner des achats non conformes et faire grimper les coûts de traitement.
L’automatisation et l’analyse permettent de catégoriser et de regrouper ces dépenses, de rationaliser le panel fournisseurs, de mettre en place des catalogues et d’automatiser les bons de commande. Résultat : des coûts de traitement réduits et de meilleurs prix, sans alourdir la charge de travail des équipes.
De l’idée à l’impact : créer un pipeline d’économies efficace
Les équipes Achats ne manquent généralement pas d’idées pour réaliser des économies. Le véritable défi ? Les transformer en résultats concrets et mesurables.
Trop souvent, les initiatives restent bloquées entre leur identification et leur mise en œuvre, faute de responsabilités clairement définies et de coordination entre les équipes.
Des économies potentielles peuvent être identifiées lors d’une initiative de sourcing stratégique ou d’une négociation contractuelle. Mais sans processus structuré pour passer le relais aux équipes chargées de l’exécution et à la Finance, elles finissent par se perdre dans des feuilles de calcul ou des échanges d’e-mails.
Résultat : les initiatives s’enlisent, les doublons se multiplient et la crédibilité des Achats auprès de la direction s’érode. Ce qui manque ? Une gouvernance claire pour évaluer, hiérarchiser et piloter chaque initiative, de l’idée à la concrétisation.
Une fonction Achats mature relie toutes ces étapes grâce à un outil centralisé de suivi des économies. Responsables de projet, valeurs prévisionnelles, données de référence et avancement des initiatives : tout est visible en temps réel.
Avec un pipeline d’économies et un suivi structuré des initiatives, les Achats peuvent dépasser les réductions de coûts réactives pour créer de la valeur durable.
Suivre les progrès grâce à des jalons et des revues régulières
Pour passer de l’idée à l’impact, les entreprises ont besoin d’un processus structuré, avec des étapes et des critères clairement définis. Un processus type peut suivre cinq grandes étapes : Identification, Approbation, Mise en œuvre, Réalisation et Validation.
À chaque étape, des critères précis doivent être remplis. L’approbation peut, par exemple, nécessiter la validation de la Finance et la confirmation de l’analyse de rentabilité. La validation finale peut, quant à elle, reposer sur la comparaison des factures ou la bonne application des clauses contractuelles.
Cette approche clarifie les responsabilités, maintient l’engagement des parties prenantes et garantit leur alignement tout au long du processus.
Identifier les économies ne suffit pas : il faut les concrétiser
Identifier des opportunités d’économies est une chose. Prouver qu’elles se sont réellement concrétisées en est une autre.
De nombreuses équipes Achats constatent un écart entre les gains prévus et les résultats réellement mesurables. Pour le combler, elles doivent s’appuyer sur un processus de validation structuré, des données transactionnelles fiables, une coordination entre les équipes et des échéances claires.
Les Achats et la Finance doivent partager une même vision des économies prévues et effectivement réalisées. Et celle-ci doit reposer sur ce qui a réellement été mis en œuvre, pas seulement sur les initiatives proposées.
Les systèmes Achats modernes, dotés d’outils de validation des économies basés sur l’IA et d’alertes automatisées, permettent de suivre chaque initiative de bout en bout. Ils mettent en évidence les écarts, documentent les économies réalisées et renforcent ainsi la crédibilité des Achats dans toute l’entreprise.
Pour concrétiser les économies Achats, assurez-vous que votre équipe :
- s’accorde dès le départ sur les définitions et les données de référence ;
- relie les économies aux événements de sourcing, aux contrats et aux bons de commande ;
- utilise un système Achats centralisé pour suivre leur concrétisation ;
- valide leur impact à partir des données de facturation et de paiement ;
- exploite les alertes pour identifier les opportunités manquées ou les initiatives qui stagnent.
Enfin, les revues rétrospectives permettent de déterminer si les économies prévues se sont concrétisées, de comprendre les écarts et d’identifier les axes d’amélioration. Idéalement menées conjointement avec la Finance, elles contribuent à affiner les prévisions et à mieux anticiper les risques d’exécution.
Voyons maintenant comment mesurer et démontrer les économies réalisées.
Aligner les économies Achats sur les KPI de la direction financière
Les Achats n’ont peut-être pas leur propre compte de résultat, mais ils sont de plus en plus tenus de démontrer leur impact financier. Les économies doivent donc être considérées comme de véritables résultats stratégiques, à prévoir, suivre et valider.
Un taux élevé de réalisation des économies (soit l’écart entre les économies prévues et celles réellement obtenues) est essentiel pour démontrer l’alignement budgétaire et la rigueur financière. La Finance attend également des équipes Achats qu’elles s’intègrent aux cycles de planification et d’analyse financières (Financial Planning & Analysis, FP&A), raisonnent en termes de retour sur investissement (Return On Investment, ROI) et établissent des prévisions régulières.
Une collaboration étroite entre les Achats et la Finance permet de définir les attentes dès le départ, de suivre les résultats en temps réel et de présenter à la direction des résultats fiables et vérifiables.
Un tableau de bord des économies bien structuré doit faire ressortir les économies prévues et réalisées, les écarts, les risques liés au calendrier et leur contribution aux objectifs de performance de l’entreprise.

Voici quelques bonnes pratiques supplémentaires pour valider les économies.
Parler le langage de la Finance : prévisions et résultats réels
Les Achats gagnent en crédibilité lorsqu’ils adoptent les mêmes méthodes de prévision que la Finance. Parmi les indicateurs clés : l’écart par rapport aux prévisions, le taux de réalisation et l’impact sur le fonds de roulement ou les centres de coûts.
Les rapports destinés à la direction doivent associer des données visuelles synthétiques à des explications claires sur les retards, les écarts ou les résultats obtenus plus rapidement que prévu. Cette transparence renforce la confiance dans la capacité des Achats à générer des résultats financiers prévisibles.
Relier les économies à leur impact sur le compte de résultat grâce à des KPI partagés
Aligner les indicateurs Achats sur les KPI financiers, comme les écarts budgétaires, la contribution à l’EBITDA (résultat avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) ou le retour sur investissement (ROI), permet aux Achats de dépasser leur rôle tactique pour renforcer leur contribution stratégique.
Plutôt que de présenter les économies de manière isolée, reliez-les directement aux structures de coûts, à l’efficacité du capital et aux objectifs de marge.
Lorsque les Achats peuvent démontrer concrètement l’impact de leurs initiatives sur le résultat net, leur rôle stratégique se renforce.
Comment l’IA peut-elle aider à identifier des économies Achats ?
Lorsqu’elle est utilisée efficacement, l’IA peut agir sur trois leviers clés :
- Prévision : les analyses Achats basées sur l’IA permettent d’anticiper l’évolution de la demande, de détecter les perturbations potentielles de la Supply Chain et d’identifier les opportunités d’économies avant que les coûts n’augmentent.
Par exemple, l’IA intégrée aux processus de sourcing peut anticiper les pressions inflationnistes sur certaines catégories. Les équipes peuvent alors agir plus tôt pour renégocier les contrats ou mettre en place des stratégies de sourcing alternatives. - Classification : l’IA réduit les tâches manuelles liées au tri des dépenses résiduelles en classant automatiquement les transactions, en identifiant les achats non conformes et en consolidant les données fournisseurs fragmentées.
Elle permet ainsi de mieux contrôler les dépenses non conformes et de révéler des opportunités d’économies souvent dissimulées dans un grand nombre d’achats de faible valeur. - Accélération : l’IA appliquée au sourcing et aux Achats automatise les tâches courantes, comme la comparaison des bons de commande et des factures, le suivi de la conformité contractuelle ou le déclenchement d’alertes en temps réel lorsque les prix dépassent certains seuils. Résultat : des décisions plus rapides et davantage de temps pour les activités stratégiques.
La plateforme Achats d’Ivalua intègre notamment les capacités d’IA Agentique conçues pour le sourcing, l’analyse des dépenses et la gestion des fournisseurs. Elles permettent, entre autres, de synthétiser les risques et de détecter de nouvelles opportunités tout au long du cycle de vie des Achats.
Aller au-delà des tableaux de bord grâce à l’analyse avancée
Les analyses basées sur l’IA font passer le reporting Achats d’une approche réactive à une approche proactive. Elles détectent les tendances, les anomalies et les risques avant qu’ils n’affectent les budgets.
Par exemple, l’analyse de la demande peut alerter les équipes de sourcing lorsqu’un certain volume est susceptible de déclencher une remise tarifaire. À l’inverse, elle peut signaler une baisse de la demande susceptible de compromettre le respect des engagements contractuels. La détection des anomalies permet également d’identifier des schémas tarifaires inhabituels chez les fournisseurs et d’éclairer les négociations.
En anticipant les fluctuations de prix et de volumes, les équipes peuvent agir plus tôt pour éviter les dépassements de coûts et sécuriser les économies.
Classer et contrôler les dépenses résiduelles
Les dépenses résiduelles sont particulièrement difficiles à maîtriser : elles combinent un volume élevé de transactions et une faible visibilité. Des outils d’analyse des dépenses performants permettent de classer les données non structurées et d’identifier les achats non conformes ou isolés.
Ils révèlent ainsi des opportunités d’économies grâce à la consolidation des fournisseurs, à la mise en place de catalogues ou à une meilleure application des politiques Achats.
En reprenant le contrôle des dépenses résiduelles, les entreprises renforcent la conformité et captent des économies qui resteraient autrement cachées dans une multitude de transactions décentralisées de faible valeur.
Accélérer les décisions grâce à des recommandations en temps réel
L’IA ne remplace pas le jugement humain : elle vient l’appuyer. Pour les équipes Achats qui doivent obtenir des résultats rapidement, l’IA Agentique peut accélérer les processus critiques et faciliter la prise de décision.
Des recommandations en temps réel peuvent, par exemple, signaler les contrats arrivant à échéance associés à des dépenses supérieures à la moyenne. Les équipes peuvent ainsi intervenir plus rapidement et saisir les opportunités au bon moment.
Voyons maintenant comment le Crédit Agricole a réalisé d’importantes économies Achats grâce à la plateforme Ivalua basée sur l’IA.
Comment le Crédit Agricole a réalisé 80 millions d’euros d’économies grâce à une gestion centralisée des Achats
Face à une fonction Achats très décentralisée, des systèmes Source-to-Pay (S2P) et Purchase-to-Pay (P2P) fragmentés, des processus hétérogènes et une visibilité limitée sur ses 66 entités à travers le monde, le Crédit Agricole cherchait à mieux maîtriser ses dépenses et à harmoniser l’application de ses politiques Achats.
Avec Ivalua, l’entreprise a centralisé et numérisé l’ensemble de sa fonction Achats. Elle a ainsi atteint 100 % de numérisation et d’automatisation des processus et placé 3 milliards d’euros de dépenses sous contrôle.
Dès les premières années, cette transformation a généré 80 millions d’euros d’économies, amélioré de 70 % l’efficacité du traitement des factures et permis de traiter plus de 59 000 bons de commande par voie numérique.
En alignant les Achats sur les objectifs financiers de l’entreprise, tout en permettant à chaque filiale d’adopter les modules à son propre rythme, Ivalua a aidé le Crédit Agricole à transformer la complexité en avantage concurrentiel.
« Avec Ivalua, nous avons atteint une numérisation à 100 % de l’ensemble des processus Achats et avons pu réaliser d’énormes économies. »
– Sylvie Robin Romet, directrice des Achats du Crédit Agricole SA
Mettre en place une gestion structurée des économies Achats
Une gestion efficace des économies Achats repose sur trois piliers : une gouvernance claire, des systèmes adaptés et un langage commun. Ensemble, ils permettent de transformer la stratégie en résultats concrets. Voici par où commencer :
- Évaluez vos fondamentaux : disposez-vous de définitions communes des économies ? Où sont-elles documentées ? Ont-elles été validées par la Finance ?
- Auditez votre suivi : les initiatives d’économies sont-elles centralisées dans un tableau de bord unique, avec des statuts et des responsables clairement définis ? Comment leur concrétisation est-elle vérifiée ?
- Évaluez vos outils d’analyse des dépenses : les données de sourcing, de contrats et de facturation sont-elles connectées ou dispersées entre plusieurs systèmes ?
Si cet état des lieux révèle des lacunes, il peut être temps d’envisager une plateforme Source-to-Pay (S2P) unifiée. Automatisation des processus, gouvernance transverse, analyse en temps réel : toutes les aspects sont réunis pour mieux piloter les économies.
Une fois cette structure en place, votre équipe peut dépasser les gains tactiques et générer un impact stratégique à l’échelle de l’entreprise.
Réalisez des économies avec Ivalua
FAQ sur les économies Achats
Les économies tangibles se traduisent par des réductions budgétaires directes et mesurables. Les économies intangibles, quant à elles, améliorent notamment les processus, l’efficacité ou la gestion des risques, sans nécessairement apparaître directement dans les résultats financiers. Dans les deux cas, un cadre de validation clair est essentiel pour démontrer leur valeur auprès de la Finance.
Centralisez le suivi des économies dans un tableau de bord unique, avec des définitions communes et des jalons clairement établis pour chaque initiative. Évitez les fichiers Excel et les rapports isolés : ils limitent la visibilité et diluent les responsabilités.
Au minimum, établissez un reporting trimestriel. Dans l’idéal, alignez-le sur les cycles budgétaires et prévisionnels, puis reliez les économies aux événements de sourcing, aux plans par catégorie et aux indicateurs clés de performance (KPI) de l’entreprise.
Les initiatives d’économies peuvent s’enliser en raison d’un mauvais passage de relais entre les équipes, d’outils inadaptés ou de l’absence d’un cadre de validation. Sans jalons précis ni responsabilités clairement définies, même les meilleures opportunités risquent de ne jamais se concrétiser.
Les plateformes Achats intégrées comme Ivalua centralisent le sourcing, le suivi, les prévisions et la validation des économies. Elles permettent de gérer les économies de bout en bout, de réduire les écarts entre prévisions et résultats et de renforcer l’alignement entre les Achats et la Finance.













